Décembre 2020 – Apprendre, comprendre, relier



Depuis le début du projet, le savoir passe par la formation des enseignantes qui, elles, le transmettent à leurs élèves en classe. Et depuis le début, notre équipe belgo-nigérienne écrit, teste, modifie, reteste, complète et clôture enfin  ce mois-ci le programme pédagogique Un enfant un arbre. 

Fondé sur le respect des arbres, inspiré par les savoirs locaux, construit sur des bases scientifiques et illustré de dessins, il est devenu un petit « chef d’œuvre » entre les mains de l’ONG partenaire SongES et du Ministère de l’Education Primaire



Avec les nombreuses heures de pratique pour planter, semer, soigner, l’école devient un chantier où tout est relié : la terre, l’eau, les arbres … le calcul, l’écriture et même la poésie ! 

Le directeur de Sarando-Ganda a été inspiré et les élèves connaissent maintenant par cœur son poème. 

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Novembre 2020 à Sarando-Ganda – Restaurer après les crues

L’eau du fleuve s’est enfin retirée, révélant les dégâts : 35 des 75 arbres de l’école ont suffoqué sous l’eau ; un tiers des plants de la pépinière scolaire est détruit ; le hangar de la pépinière des femmes a croulé et quasi tous les plants sont perdus.

 Mais c’est la solidarité et le courage qui priment : les élèves de Karey-Gorou sont venus offrir les plus beaux plants d’arbres de leur pépinière restée intacte pour les replanter ici ; des habitants se sont mis au travail avec les élèves pour réparer le grillage autour de la cour et le hangar de la pépinière de l’école. Les premiers pots sont déjà en place !




 

Octobre 2020 à Karey-Gorou – L’effet de l’eau

 

Si les pluies diluviennes ont dévasté la moitié du village, à l’école elles ont rendu la clôture verte plus dense que jamais. La biodiversité explose.

Les élèves apprennent à respecter les lianes et autres plantes qui poussent spontanément au milieu de la haie vive. Le milieu devient si riche que des graines enfouies depuis longtemps sous terre se réveillent.

Citronniers et pommiers du Sahel (jujubiers greffés) témoignent de leur bonne santé en régalant les élèves ; les baobabs ont pris de la hauteur (dont celui de la photo) mais il faudra attendre encore plusieurs années pour déguster leurs fruits, les « pains de singe » : 6 ans d’âge, c’est trop jeune encore.

 


Septembre 2020 – Après des mois de sécheresse, des pluies diluviennes

 

Les pluies ont été si fortes fin aout et début septembre que le Niger est sorti de son lit, faisant des ravages. « Jamais je n’ai vu le fleuve déborder ainsi, ni entendu parler de cela dans le passé » dit un ancien du village de Sarando-Ganda (84 ans).

 Dans les villages de Karey-Gorou et Sarando-Ganda, la moitié des maisons ont croulé. L’inondation a épargné l’école du premier, située à flanc de colline mais à Sarando-Ganda, la situation est grave. C’est en pirogue que l’on circule dans la cour de l’école ! 

 Les élèves voient leur pépinière sous-eau et des arbres complètement noyés. Le bras d’eau proche de la pépinière communautaire, si précieux en temps normal, a gonflé au point de la détruire.



Qu’auront appris les enfants ? Que le climat change vite, trop vite, mais aussi que les arbres résistent et sont capables de maintenir la terre et de l’empêcher d’être entrainée par le fleuve.

Aout 2020 à Karey Gorou – On fête l’arbre, malgré tout !

 

Cette année, il fallait respecter la règle, covid oblige: ne pas mêler enfants et adultes pendant les festivités.

Alors, une idée pointe à Karey-Gorou où les papayers de la pépinière scolaire sont magnifiques : un petit groupe d’habitants (masqués !) plantera dans la cour de l’école un mini verger de 4m2 de papayers apportés par un petit groupe d’élèves.



Pas de foule, pas de jus de bisap, pas de plat moringa, mais de la bonne humeur, un petit discours et à la fin de la plantation, un plant d’arbre offert aux quelques adultes et enfants présents.

Mais subitement presque tout le village était là ! Il a fallu distribuer 100 plants de papayer, 20 de baobab et 10 de neem … puis prestement fermer la pépinière pour garder de quoi vendre. L’arbre a été bien fêté !






Juin / juillet 2020 – Le plaisir de vendre des plants d’arbre

 

Les revenus des ventes sont tels que les élèves de Sarando-Ganda ont pu acheter, non seulement les semences et les pots nécessaires à la poursuite de leur production, mais aussi des cahiers ! Des frais en moins pour les parents qui apprécient.

A Karey-Gorou, le président du Comité de Gestion de l’Ecole a fait la promotion de la pépinière grâce à un groupe local WhatsApp qu’il a créé. Beaucoup de personnes ont passé commande, ce qui a fait monter la caisse de 3.000 à plus de 40.000 FCFA !

La rumeur circule si bien qu’un habitant de Gaya (à 300km de Niamey) vient de demander 400 pieds de citrus à 200 FCFA et 100 de baobab à 250 FCFA.


A chaque vente, ce sont les enfants en charge des stocks de plants qui encaissent l’argent, notent le montant pour le remettre ensuite à la directrice ou au directeur … qui signe le cahier pour reçu ! Il s’agit de participer à toutes les étapes, y compris le transport quand c’est possible.

 






Mai 2020 – Pépiniéristes un jour, pépiniéristes toujours

 

Les écoles de Karey-Gorou et Sarando-Ganda restent fermées, covid oblige … Fermées ?

Le gardien/jardinier ouvre la porte de la cour chaque jour : c’est la période de forte chaleur, l’eau du fleuve s’est retirée, il n y a que peu d’activités agricoles au village et les enfants sont libres ; alors c’est à l’école que beaucoup se rendent pour s’occuper de leurs arbres et de la pépinière.

L’apprentissage se poursuit car, à chacun de leurs passages, Hamani et Souleymane (experts Un enfant un arbre) rassemblent la bande des jeunes pépiniéristes et c’est reparti : greffer, cerner, transplanter les jeunes plants et semer à nouveau.


La production explose dans les deux pépinières : papayers, citrus, neems, manguiers, baobabs, … Les enfants se passionnent et voient le succès de leur travail. C’est le cas des petites filles, ravies de se revoir en photo à leurs premiers essais il y a un an (cf. le message d’octobre 2019).



 

Mars, avril 2020– Comme ailleurs dans le monde


On s’adapte, on résiste face à la situation que crée l’arrivée du corona-virus au Niger.

Quelques mots résument : « Tout est paralysé ; les gens ne peuvent rien transporter en voiture ou camion vers Niamey pour vendre ; or il faut manger tous les jours ; en plus, c’est le jeune du ramadan, et il fait 45°… . Avec tous ces problèmes, ça va quand même. »

1 enfant 1 arbre et ses partenaires de l’association SongES s’organisent : formations et activités avec les enfants suspendues, actions de sensibilisation vers les communautés pour contrecarrer les fausses rumeurs, mise à disposition de l’équipe de terrain de kits de protection contre le virus.

Et comme les arbres sont en pleine forme mais ont encore besoin d’eau, que des chenilles menacent certains, que les pépinières produisent plus que jamais … nos deux « tenaces », Hamani, le responsable technique, et Souleymane, l’agronome, montés sur leur moto et masqués, font le tour des clôtures vertes et trouvent des solutions.

De gauche à droite: Mohamed, coordonnateur de SongES, Souleymane et Hamani.

Janvier 2020 – Un enfant un arbre fait sa pub au Niger


C’est cette année qu’il s’agit de lancer la dynamique en faveur de l’implantation de clôtures vertes dans un maximum d’écoles. Claudine (gérante de l’ASBL) et Jean-Louis (président) sont repartis au Niger dans ce but. Mohamed - coordonnateur de l’ONG SongES, notre partenaire sur place - donne le ton : « Un enfant un arbre dans 50 écoles primaires, voilà ce qu’il faut proposer aux autorités nigériennes et proposer aux donateurs institutionnels, pas moins ! »

Les rencontres sont stimulantes : « les ministères de l’Enseignement et de l’Environnement se disent prêts à former et encadrer les élèves dans chaque école ; les plus hautes autorités de Niamey voient dans notre projet un maillon de leur programme de « Ville fruitière » . 

Comble d’honneur, l’épouse du président du Niger, la Dr Malika Issoufou, nous a exposé avec force sa volonté de réhabiliter l’arbre comme solution essentielle au changement climatique ».



Tout aussi stimulant et honorifique est l’enthousiasme, sans cesse renouvelé, des enfants et leur immense plaisir à se reconnaître sur les photos, qui seront accrochées dans leurs classes.

Décembre 2019 à Sarando-Ganda – Un pentagone vert sur une photo qui ne dit pas tout


Vous voyez le pentagone au milieu de la photo aérienne ? C’est la ceinture végétale autour de l’école de Sarando-Ganda ; on distingue bien les deux classes « en dur » et les classes en paille.
Vous voyez aussi, bien sûr, les vergers qui bordent le Niger ? A se demander ce que ce pentagone vert apporte dans tout ce foisonnement … Ce que la photo ne montre pas, c’est le désert de l’autre côté de la route, où le fleuve ne peut apporter ses bienfaits.

Chaque arbre qui pousse est une victoire. L’école est entourée par une victoire. Avec l’espoir qu’elle se propage et petit à petit redonne de la vie dans le désert. De la géométrie au service du vivant ?